Internet, les mèmes et même la fille de Steve Jobs ont raison, les iPhone 14 ont des airs d’iPhone 13… En l’occurrence, et pour la première fois, Apple joue la carte d’une nouvelle génération sans changement de SoC. L’iPhone 14 hérite ainsi de l’A15 Bionic qui donnait vie aux iPhone 13 Pro l’an dernier. Par rapport à l’iPhone 13, c’est donc un progrès, mais minime. De là à penser qu’Apple nous rejoue la comptine des iPhone S en douce, il n’y a qu’un pas, qu’on est en droit de franchir.

Cela ne signifie pas pour autant que le smartphone n’est pas bon, l’iPhone 13 était un excellent smartphone au vu de son prix, juste que l’évolution entre les deux générations se fait à pas comptés.

01net.com – L’iPhone 14, d’Apple, en un coup d’oeil.

Design, ergonomie et affichage

Extérieurement, pas la peine d’y passer des heures, les différences sont rares ou inexistantes. Le design réintroduit avec les iPhone 12 fait toujours merveille, la finition est impeccable et les tranches verticales, cerclées d’aluminium, sont un vrai plaisir à prendre en main, avec ou sans coque. Comme sur les iPhone 13 et 14 Pro, la solidité de la façade avant est confiée au Ceramic Shield, un verre spécialement développé par Apple et Corning. L’ensemble est résistant à l’eau et à la poussière. Si vous le faites tomber dans un bain ou une piscine, il devrait survivre à son immersion, mais ne vous en servez pas pour filmer sous l’eau…

L'iPhone 14 conserve l'encoche des générations précédentes, contrairement aux modèles Pro.
01net.com – Lionel Morillon – L’iPhone 14 conserve l’encoche des générations précédentes, contrairement aux modèles Pro.

 

Ergonomiquement, rien ne change pas rapport à l’année dernière. L’encoche en façade est toujours là, de même taille, et ne comptez pas sur une Dynamic Island pour égayer votre écran. Celui n’a de toute façon pas changé. Il n’a toujours pas droit à l’appellation ProMotion, ce qui signifie que sa fréquence de rafraîchissement est toujours de 60 Hz seulement et qu’elle n’évolue pas en fonction des contenus que vous affichez. On aurait pu penser que voir l’écran ProMotion des iPhone 14 Pro passer à l’always-on permettrait à Apple de glisser le ProMotion seulement dans ses iPhone 14, ce n’est pas le cas.

Néanmoins la dalle OLED, 6,1 pouces pour 2532×1170 pixels, continue d’être d’excellente facture et plaisante à regarder. Le contraste infini de l’OLED est accompagné d’une dalle lumineuse. Le 01Lab l’a mesurée à 803 cd/m2 en luminosité moyenne, avec un pic HDR dans les mêmes eaux. C’est très légèrement plus lumineux que la moyenne des smartphones haut de gamme que nous avons testé ces douze derniers mois. Par ailleurs, une fois encore, il faut saluer le travail de calibrage de cette dalle et la justesse de restitution des couleurs. Avec un Delta E 2000 (RGB) de 1,3 et un Delta E 2000 (DCI-P3) de 2,64, on flirte avec la perfection et l’iPhone 14 est presque 45% mieux que disant que la moyenne des smartphones testés au cours de l’année passée. Pas d’innovation et de progrès donc, alors que les smartphones Android dans ces gammes de prix offrent tous des dalles mieux rafraîchies, mais une dalle exceptionnelle malgré tout.

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L'iPhone 14, d'Apple, sur le 14 Pro. Ils partagent toujours la même taille d'écran.
01net.com – Lionel Morillon – L’iPhone 14, d’Apple, sur le 14 Pro. Ils partagent toujours la même taille d’écran.

A15 Bionic, toujours

L’année dernière, les iPhone 13 et 13 Pro embarquaient deux versions de l’A15 Bionic. La différence entre les deux configurations se faisait sur la quantité de RAM embarquée (4 Go pour les premiers et 6 Go pour les seconds) et sur le nombre de cœurs proposés par la partie graphique : quatre pour les premiers et cinq pour les seconds.

Les performances étaient alors évidemment en faveur des modèles Pro, mais de manière discrète. Ce surcroît de puissance servait en effet surtout à accompagner les besoins de la photographie computationnelle.

C’est donc cette puce qu’on retrouve cette année embarquée dans les iPhone 14 et 14 Plus. Si on peut regretter que l’A16 Bionic ne vienne pas s’ébrouer sur les deux smartphones d’entrée de gamme, on peut opposer deux remarques pour calmer les regrets.

La première est que les nouvelles puces gagnent en puissance essentiellement sur la partie réseau neuronal, dédiée aux calculs liés à l’apprentissage machine. Autrement dit, les fonctions de photographie, la reconnaissance d’images, d’objets, de texte, etc. seront plus rapides. Et ce surcroît de puissance se justifie essentiellement par l’arrivée d’un capteur 48 Mpixels dans les modèles Pro. Pas besoin de ça dans les iPhone 14, a priori, qui offrent toujours deux modules caméras seulement.

L'iPhone 14 a droit au même SoC que l'iPhone 13 Pro l'an dernier.
01net.com – L’iPhone 14 a droit au même SoC que l’iPhone 13 Pro l’an dernier.

Le besoin supplémentaire de puissance lié à l’arrive du Photonic Engine devrait être assuré par le gain du côté du GPU.

La seconde remarque est que les iPhone – et d’ailleurs tous les smartphones haut de gamme en règle générale – sont désormais assez puissants pour tous les usages du quotidien. Les iPhone 14 ne proposent donc pas le meilleur, mais ce ne devrait pas être un problème. Du moins pas à court terme. Car en équipant ces iPhone 14 avec une puce de 2021, Apple risque peut-être de créer d’ici quelques années un décalage de traitement entre les smartphones de la génération 2022…

Quoi qu’il en soit, pour ceux qui veulent quelques chiffres, les résultats affichés par Geekbench sont très proches, avec une étonnante contre-performance en multicoeur de l’iPhone 14, mais rien de grave : des fluctuations de ce genre arrivent parfois sur ce genre de tests. On note juste un gain d’environ 17% pour la partie graphique.

Le gain d'un coeur GPU et la quantité de RAM augmentée permettent à l'iPhone 14 d'être plus performant que l'iPhone 13 pour les calculs liés au machine learning.
01net.com – Le gain d’un coeur GPU et la quantité de RAM augmentée permettent à l’iPhone 14 d’être plus performant que l’iPhone 13 pour les calculs liés au machine learning.

Pour la partie neural engine, c’est une vingtaine de pour cent de plus qu’on relève entre les deux versions de l’A15 Bionic. Pas de quoi se plaindre.

La bonne nouvelle concernant cet A15 Bionic « recyclé », c’est qu’il apporte aussi plus de stabilité dans les performances. D’après 3Dmark Wild Life, il offre une stabilité de 80,2% contre 73,9 pour la génération précédente.

Quoi qu’il en soit, l’interface d’iOS 16 est rapide, fluide. Les applications se lancent avec la réactivité à laquelle Apple nous a habitués au fil des itérations. Les jeux en 3D les plus beaux et exigeants s’exécutent sans heurt et sans ralentissement. L’iPhone 14 ne manque pas de puissance, à défaut d’offrir du nouveau.

Photographie, un peu de nouveau et de mieux, mais toujours un goût de trop peu

On l’a dit plus haut, l’iPhone 14 a subtilisé sa puce à l’iPhone 13 Pro et Pro Max. Pendant qu’il faisait ses emplettes, il lui a aussi emprunté son module caméra principal. Il se retrouve donc avec le même grand-angle, équipé d’un capteur 12 Mpixels plus grand, doté de photosites plus grands eux aussi (1,9 micromètre contre 1,7 l’an dernier), et d’une ouverture à f/1.5, contre f/1.6. Si vous avez bien suivi, cela veut dire que plus de lumière entre et est enregistrée. Une bonne nouvelle pour prendre des photos plus vite, et moins bruitées en basses lumière.

Par ailleurs, petit aparté, pour les amoureux des selfies : bonne nouvelle, l’appareil photo avant bénéficie d’une ouverture un peu plus grande (f/1.9 contre f/2.2 précédemment) et aussi d’un autofocus automatique ! A vous la netteté pour vos selfies de groupe !

Mais revenons à l’arrière. Outre ces petites améliorations matérielles – ou plutôt ces récupérations matérielles – saluons l’arrivée du Photonic Engine. Une solution logicielle qui repose sur la puissance du SoC et du processeur d’images et applique les différentes méthodes computationnelles d’amélioration des clichés développées et introduites par Apple ces dernières années.

Grâce à un traitement avant compression, les images sont en général mieux définies, avec une netteté renforcée. Les effets d’aplats qui faisaient penser à de l’aquarelle et caractérisaient les iPhone depuis plusieurs générations sont bien plus discrets, même si l’iPhone 14 a encore des progrès à faire.

On salue aussi et surtout sa capacité à monter en ISO quand la lumière baisse, sans pour autant sacrifier la justesse des couleurs, l’exposition ou introduire trop de bruit – cela est surtout visible avec le grand-angle, ce qui nous laisse penser qu’Apple a bien fait de le remplacer. Une fois encore, en basse lumière, mieux vaut éviter toutefois de trop zoomer dans les clichés pris et de recourir au zoom numérique au moment de la prise de vue.

Ce qui nous mène à un des défauts majeurs des iPhone 14. Ils continuent de ne proposer que deux focales : ultra grand-angle (éq. 13 mm) et grand-angle (éq. 26 mm). Ils manquent cruellement d’un téléobjectif soit pour faire des portraits soit pour pouvoir faire ressortir un détail dans un paysage ou la façade d’un bâtiment.

Le mode Portrait progresse encore un peu, notamment en vitesse de déclenchement de nuit, mais les contours sont encore un peu "raides".
01net.com – Le mode Portrait progresse encore un peu, notamment en vitesse de déclenchement de nuit, mais les contours sont encore un peu “raides”.

Malgré les progrès liés au Photonic Engine et aux algorithmes de détourage d’Apple, les portraits sont encore parfois à la peine quand il s’agit de gérer les boucles de cheveux un peu sauvage. La découpe autour d’un visage est compliqué, et parfois une photo prise de dos verra l’iPhone détourer la chevelure et appliquer l’effet bokeh à la nuque, ce qui est une aberration photographique. Il y a donc encore des progrès à faire.

Comme on l’a dit de l’iPhone 14 Pro Max, Apple ne recolle pas les wagons avec les meilleurs smartphones en photo, qu’ils soient coréens (Samsung) ou chinois (Huawei ou encore Honor, voire Xiaomi).

En vidéo, l’iPhone 14 bénéficie du savoir-faire d’Apple en la matière et continue à assurer une stabilisation assez incroyable. Le mode Action est épatant quand vous vous retrouvez à filmer quelqu’un qui court en courant vous-même, ou à suivre un enfant qui fait du roller avec des patins aux pieds. Néanmoins, l’iPhone 14 fait bien moins bien que son grand frère et souffre davantage quand la lumière diminue.

Enfin, pour les plus créatifs d’entre nous, Apple pousse un peu plus loin son mode Cinématique. Il est désormais possible de filmer en 4K à 30 i/s, ou en 24 i/s. Bref, de quoi faire votre cinéma et jouer sur les zones de netteté entre différents plans. Même si, une fois encore, la reconnaissance des surfaces et les détourages sont parfois perfectibles, et que les surfaces transparentes sont toujours des pièges dans lequel l’iPhone se prend les pieds.

La finition de l'iPhone 14 est toujours aussi parfaite... et identique à celle de l'iPhone 13.
01net.com – Lionel Morillon – La finition de l’iPhone 14 est toujours aussi parfaite… et identique à celle de l’iPhone 13.

Une autonomie… monstre

Depuis l’iPhone 11, les iPhone s’imposent régulièrement parmi les smartphones les plus endurants. Un revirement et une tendance historique qui perdurent cette année encore. Le 01Lab a en effet soumis l’iPhone 14 à ses deux tests habituels : celui en autonomie polyvalente, qui simule des tâches du quotidien enchaînées jusqu’à ce que la batterie rende l’âme, et celui en streaming vidéo, dont le nom est plutôt explicite.

En autonomie dite polyvalente, l’iPhone 14 progresse de 31 minutes par rapport à l’iPhone 13 et atteint les 19h28. Il est presque 31% plus autonome que les smartphones qui lui font face.

Pour l’autonomie en streaming vidéo, la progression est encore plus forte. C’est une heure et onze minutes que l’iPhone 14 ajoute à son compte. Il tient désormais 17h50 contre 16h39 pour le modèle équivalent dans la gamme des iPhone 13. C’est aussi 38% de mieux que la moyenne des smartphones équivalents testés par le 01Lab ces douze derniers mois. Autrement dit, cette cuvée 2022 est excellente et va occuper le haut du classement dans ces deux domaines.

Côté temps de recharge, on note également des progrès, mais Apple ne s’est clairement toujours pas décidé à s’élancer dans la course à la grande vitesse. L’iPhone 14 fait le plein de sa batterie en 1h33, contre 1h48 l’an dernier pour l’iPhone 13. C’est évidemment mieux, mais pas fulgurant. En trente minutes, vous obtiendrez 56% de charge selon nos mesures.

L'iPhone 14 reste fidèle au port Lightning. C'est le dernier iPhone à l'adopter ?
01net.com – Lionel Morillon – L’iPhone 14 reste fidèle au port Lightning. C’est le dernier iPhone à l’adopter ?

Enfin, pour rester dans le domaine de la charge, précisons que les iPhone 14 sont toujours compatibles avec la charge via MagSafe à 15 W. A titre personnel, nous préférons malgré tout passer par le port Lightning, qui reste toujours d’actualité, avant qu’Apple ne se voit obligé d’adopter l’USB-C, a priori. La charge filaire est non seulement plus rapide, mais elle est aussi plus « écologique ». Disons simplement qu’elle est plus efficace énergétiquement parlant.

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