Les Dents de la mer, Peur bleue, Open Water, The Reef… Quels sont les meilleurs films de requins ?

Il y a quelques sujets qui rassemblent l’équipe et peuvent stopper toute bagarre chez Ecran Large. Parmi eux : David Fincher, Bertrand Blier, Julianne Moore, les bagels, et les requins.

Parce qu’on aime les requins, et encore plus les films de requins, mais que les (bons) films de requins sont rares, on a rassemblé toutes les perles pour arriver aux meilleurs films de requins. Garanti 90% de vrais bons films, et 10% de plaisir régressif.

Avant de gueuler : classement du plus récent au plus ancien.

 

The Requin n’y est pas 

 

PEUR bleue 3

Sortie : 2020 (VOD) – Durée : 1h40

 

Peur bleue 3 : photoIl n’y a pas ça dans Les Dents de la mer 3

 

De quoi ça parle : De ces foutus requins-taureaux génétiquement modifiés, qui espèrent (oui, ils espèrent) se croiser avec des grands blancs. Sur leur trajet, plusieurs casse-croutes sur pattes vont tenter de les en dissuader.

Pourquoi ça fait le taf : On ne va pas se mentir. Pour peu qu’on ne soit pas satisfait pas du dernier blockbuster en date (voir ci-dessous), la production contemporaine occidentale (on n’a pas eu l’occasion de savourer les délires chinois, pour la plupart inédits en France) a de quoi plonger le fan de sharksploitation dans des abîmes de désespoir. Entre arnaques à peine masquées et produits formatés, la bonne grosse série B à ailerons se fait rare.

Heureusement, miraculeusement même, après un deuxième opus sorti de nulle part et parfois franchement barbant, Peur Bleue 3 renoue avec la générosité des autres films de cette liste. Alors bien sûr, on est à des années-lumière du budget et des idées de la demi-superproduction crétine de Renny Harlin (voir ci-dessous, encore). Mais il faut reconnaître que la stupidité assumée du pitch, avec ses squales nageant en formation, ainsi que certains instants de bravoure assez délirants, rentabilise largement l’achat d’un pack de bière. Et c’est tout ce qu’on lui demande.

La critique de Peur Bleue 3 est ici. 

 

EN EAUX TROUBLES

Sortie : 2018 – Durée : 1h54

 

En eaux troubles : photoL’échelle de valeur

 

De quoi ça parle : 23 mètres de long, un appétit insatiable et un nombre incalculable de dents : ce sont les caractéristiques du Mégalodon, monstre présumé éteint qui revient déguster (ou pas) du touriste innocent. Sauf que Jason Statham est dans les parages et qu’il va prendre le bestiau en 1V1.

Pourquoi on s’en contentera : En eaux troubles alias The Meg pour les intimes est (très) loin d’être une entière réussite. C’est la version Disney d’un film de requin, avec un non-massacre de touristes absolument honteux à la fin, où même un mini clébard est épargné. C’est blindé de seconds rôles joyeusement ridicules et de dramaturgie à deux balles. Et les héros sont tellement insignifiants et têtes à claques qu’on a envie de les noyer dans un pédiluve. Qu’est-ce que fout donc ce blockbuster américano-chinois à 150 millions de dollars parmi les meilleurs films de requins ? Il défend tout simplement une place unique : celle d’une superproduction, soit un cas assez extraordinaire dans ce genre.

Avec Jason Statham et le réalisateur de Rasta Rocket et Benjamin Gates, personne ne pouvait espérer beaucoup de ces eaux troubles. C’est pour ça que la première partie du film reste particulièrement amusante, avec son approche de grosse série B quand l’équipe explore un royaume inconnu de la fosse des Mariannes.

Une petite touche de Jules Verne et de Pacific Rim qui permet au film de bien démarrer… avant de rentrer dans les rangs. Une fois que le méga-mégalodon sort de sa tanière, En eaux troubles s’installe au grand jour et en plein air, et perd tout son charme. Il n’y a alors qu’une bande de pantins inintéressants au possible, quelques scènes de tension très simples, et une débauche de CGI même pas si amusante.

La critique d’En eaux troubles (The Meg) est ici.

 

47 METERS DOWN

Sortie : 2017 – Durée : 1h41

 

In the Deep : PhotoJusque là, tout va bien

 

De quoi ça parle : Le pitch jouissif par excellence : deux soeurs un peu niaises qui semblent tout droit sorties d’une mauvaise série, plongent dans une cage pour observer les requins, mais se retrouvent au fond de l’eau quand le câble cède. Panique assurée pour les deux demoiselles, encerclées par des requins, avec le niveau d’oxygène qui baisse et une distance qui empêche toute communication.

Pourquoi c’est une très bonne surprise : Conçu comme un DTV à 5 millions de dollars, 47 Meters Down a eu une vie incroyable. Revendu par Dimensions Films à Entertainment Studios, il est sorti en salles, et a été un succès avec plus de 60 millions au box-office (même si environ 30 ont été dépensés pour faire la promo). Tout ça reste bien gentillet et classique, avec un twist que le spectateur un peu attentif aura flairé comme un requin piste le sang d’une vierge un matin d’été. Mais l’idée de départ est bien trop drôle et cruelle pour ne pas donner envie d’y plonger, d’autant qu’un film qui se déroule en si grande partie sous l’eau a un petit quelque chose de réjouissant.

Et l’escapade est encore plus amusante que prévu, puisque le réalisateur Johannes Roberts joue à fond la carte du survival tendu, quitte à adapter – chose rare dans le genre – sa mise en scène en conséquence. En résultent quelques séquences en apnée (pour nous et parfois pour les personnages), à scruter les arrière-plans sombres pour repérer un bout de nageoire. Par contre, on ne peut pas recommander sa simili-suite 47 Meters Down : Uncaged.

La critique de 47 Meters Down est ici.

 

INSTINCT DE SURVIE

Sortie : 2016 – Durée : 1h27

 

Instinct de survie : photo, Blake LivelyBlake Lives

 

De quoi ça parle : De Nancy, surfeuse solitaire, et de Roger, grand requin blanc qui aimerait bien en faire son quatre-heures. Réfugiée sur un rocher, la jeune femme calcule ses chances de parcourir les quelques centaines de mètres qui la séparent de la plage.

Pourquoi c’est le plaisir estival par excellence : Blake Lively vs un requin. Le film de Jaume Collet-Serra se résume en gros à cet affrontement entre une Américaine venue faire le deuil de sa mère sur une plage remplie de souvenirs, et une bête très énervée qui a décidé de le lui faire payer. Un cadavre de baleine, un rocher, une balise flottante : le film est réduit au minimum pour offrir un pur survival aquatique. Et le réalisateur trouve un parfait petit point d’équilibre, entre le film de genre auquel il s’est frotté (La Maison de cireEsther) et le film d’action avec Liam Neeson (Sans identitéNon-stopNight RunThe Passenger). Oui, on a omis ceux avec Dwayne Johnson (Black Adam, Jungle Cruise).

Instinct de survie ne révolutionne certainement pas le genre, et se contente de rejouer des scènes vues ailleurs. Mais le film assume si bien sa simplicité, et sacrifie tellement tout sur l’autel du spectacle et des petites sensations fortes, qu’il a de quoi satisfaire une petite envie d’hémoglobine qui sèche sur le sable d’une plage trop paradisiaque pour être honnête. Parfaitement simplet, mais gentiment efficace.

La critique de Instinct de Survie est ici.

THE REEF

Sortie : 2011 – Durée : 1h29

 

photoÇa va être tout bleu… et puis tout rouge

 

De quoi ça parle : Cinq amis partent en croisière sur leur bateau. Mais quand celui-ci fait naufrage, ils vont découvrir que les océans ne sont pas juste de très bons spots de baignade.

Pourquoi c’est bien flippant : Sur le papier, l’idée est simple : faire un film de requin réaliste, dont la peur naît d’une implacable crédibilité. Le risque de sombrer dans les abîmes de l’ennui et du docu-fiction de seconde zone était important, mais le long-métrage d’Andrew Traucki l’esquive, notamment grâce à ses personnages.

Leur destinée tragique est particulièrement bien amenée et écrite, sans jamais nuire à une intrigue extrêmement resserrée. Pour une fois, nous n’attendons pas les attaques la bave aux lèvres, mais les craignons, persuadés que chacun est menacé, tant l’aventure ne se départit jamais de son aura funeste. Et c’est la mise en scène, ou plutôt le montage, qui s’occupe du reste, liant véritables images de requins et les réactions paniquées de la petite troupe, pour un résultat parfois authentiquement terrifiant.

 

OPEN WATER 

Sortie : 2004 – Durée : 1h20

 

Open Water, en eaux profondes : photoCernés par les requins et les pixels

 

De quoi ça parle : Des vacances de Susan et Daniel aux Bahamas, qui tournent court lorsque le couple se perd dans des eaux infestées de requins dont le mets préféré est le touriste inconscient.

Pourquoi c’est laid mais OK : Avez-vous déjà souhaité à votre prochain de se faire dévorer intégralement par une machine à tuer subaquatique ? Si ce n’est pas le cas, cela devrait rapidement changer, la faute à une image hideuse, qui vous fera supplier les dieux cinégéniques d’achever les souffrances des protagonistes. Le réalisateur Chris Kentis espérait sans doute renforcer l’aspect pris sur le vif de son sujet, hélas le tournage en DV n’a pas grand sens puisqu’il n’est question nulle part de vue subjective, ou d’images volées.

La chose est d’autant plus regrettable que le rythme du film ne nous ménage guère et que la tension monte extrêmement vite, au gré d’agressions de requins aussi implacables que tétanisantes. Donc à condition de faire fi de vos yeux en train de saigner, Open Water, en eaux profondes est un film de squale très recommandable.

 

PEUR BLEUE

Sortie : 1999 – Durée : 2000

 

Peur bleue : photoTOTAL CLASSIQUE

 

De quoi ça parle : Des expériences d’une équipe scientifique, qui compte bien guérir la maladie d’Alzheimer en modifiant génétiquement des requins, parce que pourquoi pas, après tout. Problème : Plus gros et plus intelligents, leurs cobayes vont vite exprimer leur mécontentement.

Pourquoi c’est con mais bon : Avant d’être conspué comme un vulgaire yes man à peine digne de Brett Ratner à cause de DrivenProfession profiler et autre Légende d’Hercule, Renny Harlin a emballé quelques-unes des plus mémorables réussites du cinéma d’action des années 90 (notamment Cliffhanger et Au revoir à jamais). Le désastre L’Ile aux pirates a légèrement freiné sa carrière, et Peur bleue reste son dernier grand moment hollywoodien. Et quel moment : un ride furieux et complètement délirant, où des requins prennent le contrôle du laboratoire flottant censé les contenir.

Peur bleue est pensé, filmé et raconté comme une attraction. C’est pour ça qu’il se contrefiche des invraisemblances et des détails, parce que seul le spectacle compte. Celui des morts dignes de Tex Avery, des attaques et démembrements jouissifs, et d’une course contre la montre et la mort absolument réjouissante. Les personnages ne sont que des bouts de viande, et pour une fois c’est totalement assumé, avec bien sûr la mort inoubliable de Samuel L. Jackson, mais également celle de Saffron Burrows (qui incarne l’héroïne en théorie, mais suite à des projections tests, la fin a été réécrite pour la tuer).

Renny Harlin maîtrise parfaitement ses effets, et hormis quelques écarts de CGI, Peur bleue exploite à merveille le huis clos de cette station en train de couler, où les requins mettent en scène un slasher déviant. Un plaisir entier et sans fin, même au bout du 18e visionnage.

Pourquoi Peur bleue est un film culte.

 

LA MORT AU LARGE 

Sortie : 1981 – Durée : 1h22

 

La Mort au large : photoLe squale ultime, askip

 

De quoi ça parle : D’un requin qui sème la pagaille dans une station balnéaire d’Amity Island de South Bay. Pile au moment d’une compétition de planche à voile, en plus.

Pourquoi c’est pompé mais barré : Si le film pille le chef-d’oeuvre de Spielberg sans vergogne, et recycle notamment ses personnages, il a l’intelligence de ne pas jouer sur le même terrain. Pelloche d’exploitation et budget de végétarien obligent, le maléfique squale est montré autant que les effets spéciaux et les stock-shots le permettent. Et la bête s’en donne à coeur joie, dévorant notamment une belle brochette de planchistes et un hélicoptère.

Bien sûr le film est un plaisir honteux, mais demeure très fun et décomplexé. Enzo G. Castellari sait que le spectateur a déjà digéré la terreur sous-marine de Spielberg, et lui offre un squale vorace et hyperactif, bien décidé à boulotter nos héros. Entre fausse suite et plagiat, La Mort au large (Ultimo Squalo en version originale) trouve son chemin, et le barbouille dans une joyeuse surenchère carnassière. 

 

LES DENTS DE LA MER 2

Sortie : 1978 – Durée : 1h56

 

photoÉtonnant

 

De quoi ça parle : De la station balnéaire d’Amity, une fois de plus visitée par un animal carnassier. Et cette fois, il a vraiment la dalle.

Pourquoi c’est une bonne suite : S’il ne peut prétendre égaler le maître, ce bon Jeannot Szwarc a compris qu’il fallait s’en démarquer. Le requin est ici très présent, et prend un aspect diabolique des plus réjouissants, arborant une large blessure, aussi impressionnante que ses mâchoires. L’heure n’est plus à la subtilité ni aux demi-mesures, ici on dévore de l’enfant, on attaque des classes de voiles, et les amatrices de ski nautiques n’ont qu’à bien se tenir.

Pour une suite aux ressorts connus et pas franchement originaux, on est surpris par la qualité de la mise en scène, et l’efficacité du suspense, qui culmine lors d’une ultime confrontation qui revisite l’apothéose spielberguienne, et consacre l’explosif comme un indispensable de la pêche au gros. Les Dents de la mer, 2ème partie restera pour beaucoup la meilleure suite du classique démiurge, à moins de considérer le taux de nanardise du 4e film, avec son requin vengeur, supérieur. Chacun son truc.

 

LES DENTS DE LA MER

Sortie : 1975 – Durée : 2h04

 

PhotoUne attaque qui a changé le cinéma

 

De quoi ça parle : D’un requin, d’un chef de la police, d’un scientifique, d’un vieux loup de mer et d’un affrontement à mort qui changea le cours de l’Histoire du cinéma hollywoodien.

Pourquoi c’est le classique des classiques : Pour ceux qui auraient vécu dans une bulle depuis plus de trente ans et se baigneraient encore en toute innocence, le film de Steven Spielberg est une merveille, l’oeuvre la plus aboutie et terrifiante dans le domaine de l’attaque animale. Forcé par des problèmes techniques à n’utiliser son requin que dans quelques scènes et à s’adapter (le temps de tournage triple quasiment), le metteur en scène repense son film et fait du prédateur une extension de la mer, qui devient un milieu intégralement hostile, imprévisible et sournois.

Servi par des acteurs impeccables (Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss) et une musique traumatisante de John Williams, Jaws a définitivement marqué l’histoire du cinéma, en contribuant à créer la notion de blockbuster (premier film à dépasser la barre des 100 millions de dollars de recettes) et à creuser la tombe du Nouvel Hollywood. S’il sortait en 2018, Les Dents de la mer coûterait dans les 35 millions de dollars et atteindrait les 2,2 milliards de recettes. En somme, un chef-d’oeuvre de prédation.

 

BLEUE EST LA MER, BLANCHE EST LA MORT 

Sortie : 1971 – Durée : 1h39

 

Bleue est la mer, blanche est la mort... : photoUn peu de vrai dans ce monde de brutes

 

De quoi ça parle : D’une expédition de 18 mois sur les traces du Grand requin blanc et de sa réputation, déjà établie.

Pourquoi c’est un précurseur : S’il s’agit d’un documentaire, il est impossible de ne pas ressentir devant le chef-d’oeuvre de Gimbel exactement le même vertige que devant la plus immersive des fictions. Tout d’abord parce que le réalisateur et son équipe nous racontent bel et bien une histoire, plus qu’ils ne nous renseignent sur tel ou tel sujet : l’aventure invraisemblable menée par une équipe de cinéma, qui décide de devenir la première à traquer un grand requin blanc pour le filmer.

Blue Water, white death est de facto la matrice de toutes les bandes remplies de squales accouchés par le cinéma, mais contient déjà en son sein nombre de séquences reprises quasiment à l’identique par ses successeurs (celle de la cage notamment). Si l’on ajoute à cette valeur historique un accomplissement esthétique souvent bouleversant, on tient une des plus grandes oeuvres consacrées à la créature qui nous intéresse.

 

bONUS : ORCA

Sortie : 1977 – Durée : 1h35

 

Orca : photoNe sauvez pas Willy

 

De quoi ça parle : Le capitaine Nolan (aucun rapport) se lance à la poursuite d’une orque, sans se douter que sa cible est décidée à rétorquer, voire à se venger.

Pourquoi c’est trop bien pour ne pas en parler : On vous voit venir… « c’est même pas un requin, alors ça compte pas. » Permettez-nous de vous dire que quand ça a un aileron et que ça mange du baigneur, ça mérite une dérogation. Car en effet, point de squale affamé ici, mais un épaulard vénère. Quand un vigoureux mâle voit sa femelle massacrée par le capitaine Nolan, il décide de l’attaquer, et après lui, tous les humains qui se mettront en travers de sa route.

Mettre à disposition d’un animal enragé Bo Derek et Charlotte Rampling est en soi un très beau cadeau fait au spectateur, mais Michael Anderson fait encore mieux : il prouve avec 20 ans d’avance que l’équipe de Sauvez Willy s’est complètement plantée. On leur avait bien dit qu’une grosse bête comme ça, ça ne pouvait être foncièrement mauvais. Des intentions qui font aisément pardonner un message écolo bas du front et des effets spéciaux souvent spécieux.

Source by [author_name]