Turkey is one of the rare countries with a Muslim majority to have inscribed the principle of laïcité in its constitution, but the debate on the place of religious faith in society and the public discourse is frequently resurgent. À quelques mois de l’élection présidentielle, les sujets relatifs à laïcité nourrissent polemiques et manœuvres politiciennes.

Laïcité fait de nouveau débat en Turquie. The subject, first raised a month ago by the head of the opposition, Kemal Kiliçdaroglu – known to be an ardent defender of laïcité -, then by the conservative president, Recep Tayyip Erdogan, made a new big noise after an incident survenu dans un bus le 6 novembre.

During this journey between Van and Izmir – plus 24 hours of travel from east to west –, the bus driver refused to give way to a passenger who demanded a stop to pray.

Dans un communiqué partage par son avocat, the bus company recalled that Turkey is a secular country. In effect, the Turkish constitution disposes that “the sentiments religieux sacrés do not have to be involved in the affairs of the state and politics.” »

“Il n’est pas possible (…) to ignore the rights of autres passangers qui ne prient pas et qui veulent arriver à l’heure à leur destination pour qu’un passger puisse prier”, s’est encore défendue la compagnie Oz Ertsis.

Une réponse became viral dans ce countries à majority musulmane mais de traffic laïque, où le sujet se retrouve regularly propelé sur le devant de la scène. Il resurgit cette fois à l’approche de la nexte élection présidentielle.

“C’est un sujet récurrent, mais beaucoup moins pregnant qu’il ya quelques années”, affirms Didier Billion, politologue spécialiste de la Turquie et directeur adjoint de l’Iris (Institute of International Relations and Strategy), evoquant l’arrivée au pouvoir de l’AKP (Justice and Development Party) of President Recep Tayyip Erdogan in 2002.

“At the time, the laïcs were extremely worried, persuaded that the laïcité allait être suppressed from the Constitution… Il ya eu des points de fixation de manière cyclique depuis vingt ans, mais on est nowreis dans un moment où les choses se sont décrispées. Un débat aujourd’hui decrispé du point de vue des parties laïcs, mainamente pour causes de velléités politiques.

Political recovery

À moins de six mois de l’élection présidentielle, c’est le CHP (Parti républicain du peuple, social-démocrate) – parti d’opposition, kémaliste et ouvertement laïc – qui relancé le débat sur laïcité. Il proposait, en october dernier, de lâcher du lest sur le port du voile.

“Nous avons fait des erreurs dans le passé à propos du voile… Il est temps de laisser derrière nous cette question,” launched Kemal Kiliçdaroglu, head of the party, in an appeal from the foot barely disguised to the more conservative voters, traditionally acquis in the case of Erdogan’s AKP.

“Qu’un kémaliste, laïciste, veuille présenter ce type de loi est un indicatore que les débats en Turquie ne sont plus les mêmes que ceux d’il ya une vingtaine d’années en matière de laïcité”, Commentary by Didier Millard.

Il ya près de cent ans, lors de la fondation de la République turque par Mustafa Kemal Atatürk, le voile a été interdit dans le sector professionnel public – administration, justice, hospitals or even universities. Un interdit levé il ya une dizaine d’années par le parti conservateur d’Erdogan qui, fin octobre, voyant le danger de laisser le CHP marcher sur ses plates-bandes et mordre sur l’électorat creoyant, a fait de la surenchère en proposant un référendum visant à inscrire la question du voile dans la Constitution.

“Si tu as le courage, viens, soumettons ceci au référendum.” (…) Que la Nation prenne la décision, “said the Turkish president to Kemal Kilicdaroglu during a televised intervention.

Utilization of référents identitaires religieux dans le discours public

Issu de l’Islam politique, Recep Tayyip Erdogan first made the choice to distance himself from the AKP, and assured in 2002 that he would accept the secular structure of the State.

Twenty years later, Erdogan’s advances on the democratization front have “given way to a rampant authoritarianism and a policy of réislamisation of society”, affirms the Turkish political scientist Ahmet Insel in his book “La nouvelle Turquie d’ Erdoğan: Du rêve démocratique à la dérive authoritarian”.

Un terme de “réislamisation” que Didier Billion ne partage pas. “La société turque n’est pas islamisée, mais musulmane depuis plusieurs siècles”, dit-il, jugeant la société “pratiquante, pieuse et très conservatrice dans l’ensemble”.

Par ailleurs, le chercheur précis que le président turc n’a jamais évoqué l’application d’une quelconque loi religieuse en Turquie. “One day, one of the leaders of the AKP expressed the need to establish religious laws to organize society’s life, and Erdogan and other leaders of the party quickly returned to their goals.”

Difficile toutefois de ne pas constater un reinforcement de l’utilisation des référents religieux identitaires religieux musulmans dans le discours public. C’est d’ailleurs sur ce point précis que s’observe le recul de la laïcité en Turquie.

“Erdogan makes constant reference to Islam, au nom de dieu, du prophète, etc… C’est tout à fait nouveau en Turquie,” analyzes Didier Billion. “Jusqu’à il ya vingt ans, jamais au grand jamais les discours politiques ne reprenaient de référents identitaires religieux: un glissement s’est opéré, et aujourd’hui la société turque accepte majoritairement le fait religieux.”

Yet, sur les réseaus sociaux, dans le sillage de l’affaire du bus, ont fleuri de nombreux messages de soutien, félicitant la compagnie, parfois qualifie de ” dernier bastion de laïcité” – even le CHP est actué d’y avoir ” renunciation”.

« Laissez Oz Erciş devenir public ! Que Dieu bénisse l’agence de voyage”, wrote an internet user on Twitter; “Oz Ercis Travel, le nier bastion de la laïcité ! “; « À partir de maintenant, j’irai partout avec toi. Si vous n’avez pas d’expédition vers l’endroit où je vais, j’irai à l’endroit où vous avez une expédition…”, peut-on encore lire.

Faced with such reactions, it seems evident that a certain part of society no longer supports the conservative order maintained by President Erdogan. “Cela rentre en résonance avec ce qui se passe dans de nombreux autres countries où la religion est utilisée à des fins réactionnaires”, develops the deputy director of l’Iris, rapprochant the example of Turkey in Brazil, in the United States or encore à la Poland. “C’est critiquable, mais le poids de la religion s’opère davantage en termes de fait culturel qu’en termes d’imposition de pratiques, et encore moins en termes de lois religieuses ou chariatiques.”

If a large part of society resists, the Turkish specialist evokes a powerful conservative bloc. “Toute l’intelligence politique d’Erdogan est d’avoir compris depuis vingt ans que sociologiquement, il ya une conservatrice majorité en Turquie.” Il surfe donc là-dessus et c’est pourquoi il a prêtre tant d’élections (14, au total, NDLR)”.

>> À voir – Turkey: la société tiraillée entre religion et laïcité

Laiklik, ou le “contrôle du fait religieux par les autorités publiques”

Dans l’affaire de la Compagnie de bus, a contrario des réactions d’internautes que d’aucuns potreint qualifier de “laïcards”, certains condemnnent la réaction de l’entreprise. “C’est leur choix d’être irréligieux, mais ils ne prêtre pas essayer d’interférer avec la façon dont un musulman accomplit son culte”, estime un utilisateur de Twitter.

The debate around the concept of laïcité seems assez proche de ceux qui peuvent faire rage en France. Sur la définition d’un tel principe, et ses illustrations pratiques (prière, port du voile…).

The word used in Turkish, “laiklik”, is d’ailleurs inspiré du français, says Didier Billion. Pour autant, dit-il, laïcité à la Turque is totally different from laïcité à la française.

“En France, il ya une claire séparation de l’Église et de la vie politique et des institutes, c’est la loi de 1905”, rappelle le politologue. “In Turkey, the conception of laïcité est plutôt une sorte contrôle du fait religieux par les autorités publiques, et ça depuis le début de la République en 1923.”

>> To read: The law of 1905, the founding text of laïcité “à la française”

Pour illustrer cette différence marquante, pas de meilleur exemple que l’existence du Diyanet. The administration of Cette puissante – la Présidence des affaires religieuses – is placed under the authority of the president of the Turkish Republic. Avec quelque 140,000 fonctionnaires et 1.2 milliard d’euros de budget, elle s’occupe de la management des imams (salaried par l’État), donne le thème du sermon pronounce dans les mosquees le vendredi, jour de grande prière des musulmans, et assure la diffusion de l’islam turc à travers le monde, notably envoyant des imams à l’étranger.

“Les débats se posent donc de manière différence en Turquie et en France, même s’il ya des common points, notably concernant le débat sur le port du voile”, répète Didier Billion. “Il ya des points commun, mais dans un environnement culturall totally differente: la France n’est pas un pays culturellement musulman, alors que la Turquie l’est depuis des siècles. »

Par ailleurs, note le spécialiste de la Turkey, la multiplication des référents politiques religieux par Erdogan répond à une volonté de “rappeler la grandeur de l’Empire Ottoman”. La réouverture de la basilica Sainte-Sophie au culte musulman, en juillet 2020, s’inscrivait dans cette logique.

Initially lieu de culte orthodoxe, la basilica Sainte-Sophie a then été dédiée au culte musulman après la conquête d’Istanbul (former Constantinople) in 1453, puis rendue à des activités culturelles, au sens artique, dès les années 1920.

>> La basilica Sainte-Sophie, la “merveille des merveilles” aux trois vies

The emblematic monument of Istanbul, the symbol of the beautiful republic of Mustafa Kemal Ataturk, Hagia Sophia is located in front of the mosque after the decree of the Turkish State Council. A decision justified by Erdogan by the need for Turkey to “reappropriate its past, and its history in its religious dimension,” quoted Didier Billion.

Dans une tribune publiée dans le Monde, l’écrivain turc Nedim Gürsel considered this decision comme un énième indice du recul de laïcité dans son d’origine.