Depuis 1994, le Signe Infini dresse ses élégantes lignes d’acier vers le ciel. Telle une voile bombée par le vent, la sculpture signée de l’artiste franco-hongroise Marta Pan trône à l’intersection des autoroutes A6 et A46, près d’Anse (Rhône).

Du haut des ses 25 mètres, cette oeuvre d’inox, porte d’entrée de l’agglomération lyonnaise, est l’une des plus emblématiques de “l’art d’autoroute”. A particular style that is characterized by extravagantly monumental decorations, with random aesthetics, erected to admire some seconds at 130 km/h, with a certain anonymity. Only constraints: être vues de loin, et resister à la patine du temps. Ce qui explique que le béton et l’acier soient les materials les plus utilisés.

Le vrai grand public, c’est celui qui prend sa voiture chaque matin pour aller travailler, pas celui qui va au musée

Ces pièces uniques ont fleuri sur le bord de nas autoroutes et de nos aires de repos dans les années 1980 et 1990. Et ce au nom d’une loi de 1951, dite du “1% artistique”, obligeant les aménageurs (publics or privés ) to devote part of their budget to art. The objective: to break the monotony of a car trip and to offer culture to a larger number.

Parfois, l’art also serves to promote the local heritage, à l’image de L’Hommage à Louis Pasteur, sorte de stelle moderne érigée sur une aire non loin de Dole (Jura), ville d’origine du célèbre physicien. Quelle meilleure vitrine qu’un long ruban de bitume emprunté par des milliers d’automobilistes chaque jour sur la route des vacances ou du travail?

« Au fond, ce sont des œuvres grand public. Mais le vrai grand public, c’est celui qui prend sa voiture chaque matin pour aller travailler, pas celui qui va au musée”, avance Julien Lelièvre, author of a presque exhaustive work on les quelques 70 sculptures qui jallonnant les autoroutes françaises.

Son travail a eu le mérite de remettre sur le devant de la scène une forme d’art oubliée et parfois ringardisée.

Dix exemples d’art autorouter dans la région

“Le Signe Infini, c’est l’oeuvre qui a déclenché le projet, reprend le photographe. Je suis passé devant un nombre incalculable de fois en partant en vacances. A l’époque, personne ne parlait d’art d’autoroute, ou peu. Ce sont des sculptures souvent sans signature, sans legend. Par ce travail, j’ai voulu compler un manque, et prendre le temps de considerer ces œuvres,” justifies Julien Lelievre. Dans la région, le photographe a déniché ten de ces sculptures particulières (voire map ci-dessous).

Autre département, autre style. 20 mètres de haut, presque autant de large, le Poulet de Bres de l’aire de Dammartin-les-Cuiseaux, sur l’A39 (Saône et Loire), a de belles mensurations et se voit de loin.

Jean Brisset’s sculpture in 1999 symbolizes the territory of the entire region. A tel point que l’aire et son Bullet sont devenus l’un des principaux points de vente de volaille de Bres. A rare example of an art installation that deviates from the economy of the territory.

Au rayon des installations monumentales, on peut également noter La Colonne brisée, a giant cylinder à moitié écroulé sur l’A89, aux confins de la Loire et du Puy-de-Dôme. La sculpture est signée des plasticiens Anne et Patrick Poirier.

“Comme un explorer face aux vestiges d’une civilization passéy”

D’autres oeuvres sont plus confidentialelles, comme La Nebulose, sur l’aire de Bourg-Teyssonge (Ain), coincée entre l’aéroport de Bourg et un Starbucks. “Il ya un décalage entre l’aménagement de 1985 et celui de 2022. Aujourd’hui, l’espace vital des oeuvres est de plus en plus gangréné par des zones commerciales”, deplore Julien Lelièvre, qui a passé plus de deux ans sur les routes de France pour dénicher ces trésors méconnus. La critique est aisée, mais l’aire est difficile.

Plus a loin, on the grave Tour d’Anne, sorte de longue tige de béton, d’acier et de formes colorées que n’aurait pas reniée Joan Miro. En s’enfonçant sur la très sinueuse A40, le Signal de Cillon ne se repère pas au premier coup d’oeil. Posée sur l’aire des Neyrolles (Ain), il s’agit… d’une pile de pont “décorative”, témoin de la construction “titanesque” du viaduc de Sylans en 1989. Preuve que l’art peut s’ appreciate en étant caché.

“Le Poulet de Bres, c’est difficile de passer à côté. Mais parfois, lors de mes recherches, je me sentais un peu comme un explorateur face aux vestiges d’une civilization passée”, se rappelle Julien Lelièvre à propos de certaines sculptures que certains trouvent aujourd’hui vieillies, voire laides.

Un art qui s’adresse à tout le monde et ne plaît à personne

La plupart du temps, les oeuvres d’autoroute sont comme “posées là”, sans signature nor aucune information pour guider l’automobiliste, leur conférant une dimension mystérieuse. D’autant Que les conditions d’installation et de financement de ces gigantesques entrelacs d’acier ou de béton sont peu à peu tombées dans l’oubli. Tout comme l’idée artistique initiale qui bruissait derrière chacun de ces monuments contemporains.

C’est aux users et aux locaux de se réapproprier les oeuvres, qui pour beaucoup sont devenus des points de répère routiers. Quitte à les dévoyer? “Non, c’est ausi le but de l’art,” concluded Julien Lelievre. Un art qui s’adresse à tout le monde et ne plaît à personne »*.

*Formula by Eric Tabushi, photography, in the foreword d’Art d’autoroute, Livre de Julien Lelièvre paru en 2019 chez Building Books.

Pour consulter la fiche d’identité des oeuvres de nos départements, zoom et cliquez sur la puce correctante.

Quel avenir pour l’art d’autoroute?

APRR et Vinci autoroute nous ont confirmé que l’art n’est plus une priority pour les aménageurs, qui préferent se concentré sur l’écologie mais surtout le patrimoine, à travers les famous “brown panels”.

“On est attentif, mais forcément ces œuvres vieillissent.” On maintient une mise en valeur et une visibilité “, explained chez APRR, who launched the contest that débouché sur le Signe Infini in 1992, with the Regional Directorate for Culture (DRAC).

Pour autant, les new environmental regulations put a brake on the mise en valeur. “On a beaucoup diminué l’éclairage des œuvres”, reprend un responsable de la société d’autoroute. Dans le même esprit, La Cascade de Beynost (Ain), une fontaine, n’est quasiment jamais en eau.

The construction of new highways is practically non-existent today, making the law of 1% culture obsolete. L’art d’autoroute semble donc bel et bien voué à mourir avec le temps.

De là à retire les oeuvres? “The question can be considered if this poses a security problem.” Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas”, répond-on chez APRR.

“Some works, pas entretenues, finiront par disparaître”

De son côté, Julien Lelièvre est partage: “Je dirais que c’est du 50/50. Some works, pas entretenues, finiront par disparaître.

Une theme que symbolise par ailleurs la Biennale d’art contemporain de Lyon, qui se pursuit jusqu’en décembre sur le theme de “l’éloge de la fragilité”…

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